Après son duel pitoyable face à Voldemort, le poireau a fuit pitoyablement, laissant le soin aux meilleurs de défendre ce qu'il laisse derrière lui. C'est l'histoire de Héros, qui se battent, qui s'aiment, se déchirent, tentent de vivre tout simplement.
Au final, ne serait-elle pas mieux en prison? Au moins il aurait la paix, et ne serait pas encore obligé de blablater avec elle. Voilà pourquoi ça ne marcherait jamais entre eux. Elle parlait trop. Non, pas une fille pour lui. Mais là n'était pas la question. Qu'elle était-elle au fait?
Il la fixait le regard dur, ne bougeant pas d'un iota. entre ses dents blanches:
Tu mélanges tout Artémis. Je ne te parle de ce que tu fais mais de qui.
Draco prit soudain conscience de mots qu'elle dit auparavant. Leurs chemins n'étaient certes pas les mêmes, mais pire que tout ils étaient loin et les guidaient sur un point de non retour. Mais plus que tout, Draco pensait qu'elle se trompait et se dirigeait droit dans le mur. Il acceptait qu'ils diffèrent, mais pas qu'elle se massacre.
Il lui attrapa le poignet entre douceur et fermeté, le laissant cependant sur son menton.
Quand à la jalousie ou la stupidité, il n'y a pour moi que de l'inquiétude. Je ne te demande pas quoi, juste qui, pour m'assurer sans craintes de ne pas te revoir derrière une porte de ma prison.
C'était donc ça. Tout simplement. Même si c'était dur à imaginer de la part de Draco, elle savait comment gérer son inquiétude. Le temps d'accuser le coup, un rire léger lui échappa en même temps que sa nervosité.
- Au contraire, ça a tout à voir. Peu importe le qui ou le quoi.
Un autre rire et elle balayait toutes ces questions. Devait s'en suivre un mouvement tout naturel pour Artémis. Avançant autant qu'elle tirait Draco à elle par l'intermédiaire de sa prise sur son poignet, elle utilisa son bras libre pour mieux le serrer contre elle et glisser à son oreille, apaisée: - Il n'y a pas lieu de s'inquiéter. C'est une perte de temps et d'énergie.
Dépose un léger baiser sur sa joue.
- J'ai fait l'erreur d'en douter, de sous estimer mon protecteur, mais maintenant je sais qu'il sera là pour moi.
Draco s'agaça et continua à ronger son frein. Il ne savait pas ce qu'il l'énervait le plus. Le fait qu'elle ne réponde toujours pas à ses attentes et en fasse qu'à sa tête (comme d'habitude) ou bien qu'elle conclue ce questionnement par un sentiment de douceur qui le mettait mal à l'aise.
Le jeune homme ne réagit pas, enfin en amont. Car en aval, ses muscles se tendaient et se contractaient (mais attention pas d'idées malsaines hein^^)
Mais Draco n'allait pas se plonger dans un sentimentalisme de comptoir. Non, non, loin de là. Il se resaisit face à ce moment de flottement. Après n'avoir pas bouger d'un iota, les yeux dans le vague. Il lacha le poignet de la jeune femme et se décala un peu.
Pas lieu de s'inquiéter. Se retrouver en prison, risquer de mourir, et me planter ne donnent pas lieu de s'inquiéter. Nous n'avons décidement pas la même notion des choses.
Il avait dit ça non sans amertume, lasse, d'un ton morne.
Prend le parti de se montrer joyeuse à outrance, bien que la rebuffade lui en coute, et laisse Draco imposer sa volonté sans faire le moindre geste pour se rapprocher ni s'éloigner:
- Ne comprends-tu pas? C'est un adieu, Draco. Peu importe ce qu'il pourra m'arriver à compter de ce jour, ça ne te concernera plus.
Plus doucement, presque tendrement, joue avec lui comme un chaton le ferait et attrape le bord de la veste du jeune homme pour mieux le faire réagir: - Plus lieu de s'inquiéter, dans ces conditions. Si jamais je devais me retrouver dans cette terrible situation une seconde fois, tu n'aura pas à bouger le petit doigt. Telle est ma volonté.
Se moque avec autant de gentillesse que possible, une gentillesse tout ce qu'il y a de plus sincère, appartenant à une Artémis que Draco n'avait jamais vu jusque là. Une Artémis qui savait où aller et comment s'y prendre. Une Artémis poussée par l'urgence et qui a pris une décision.
- A moins que tu ne sois un inconditionnel des accès de sensiblerie, incapable de te contrôler quand une demoiselle se trouve en détresse... Ce me semble être la meilleure solution qui soit.
Un éclair de colère passa bien dans son regard, le temps qu'Artémis reçoive de plein fouet l'insulte. C'était elle qui était stupide? Quel idiot! Et le pire dans cette histoire, c'est qu'il allait l'obliger à mettre des mots sur une réalité qu'elle n'assumait pas. L'envie de l'étriper passant difficilement, elle finit par articuler d'un ton guindé:
Que je m'y tienne n'est pas la question. C'est toi qui a des choses qui pourraient m'intéresser. C'est toi, qui ferait mieux de te protéger. C'est toi qui a manqué mettre en péril ta situation au nom d'une amitié d'école.
Tu dois t'assurer que ça ne se reproduira pas.
Enfin, avec tout ça, au moins Draco avait-il compris une chose: qu'il ne lui fasse plus part du fond de ses pensées était bien la moindre des choses.
Parce que le moment venu, quand il sera avéré que tu as quelque chose que je convoite, je viendrai, tu peux en être sur.
Donc ce soir n'est qu'une discussion de plus entre deux amis d'école.
Le point final qui planait n'était que poudre aux yeux. Est-ce que cela le rassurait, peut être? Mais pour le moment son esprit vagabondait à mille lieux de cela. Car il se rendait peu à peu compte qu 'elle avait en effet raison. Qu'il devait pensé à sa situation, car cette fois, il ne pouvait fanfaronner, sa vie, celle de sa famille en dépendait. Conclusion simple, certes, mais sa loyauté envers son amie ne pouvait avoir une fin telle.
Doute, envie et suspicion ne pouvait être ce qui les unissaient maintenant. Et pourtant. Ils étaient dans une impasse. À ce moment, Draco n'eut qu'une envie. La haïr pour cela. Pour ne pas l'avoir suivit. Avoir suivit une voie autre et éloigné de lui. Elle qui au final avait été ce qui se rapproche le plus d'une amie, d'un comparse, quelqu'un qui le connaissait réellement.
Eh bien dans ce cas, j'attends de voir comment tu t'en sortiras ma chère. Même si mon intérêt pour ta sûreté T'es acquis ce soir, il en est autre quand à ce que je défends et protège. Même face à une tigresse comme toi.
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Dernière édition par Draco Malfoy le Dim 11 Déc - 12:38, édité 1 fois
Artémis n'était pas aveugle, et encore moins insensible. Les émotions qu'elle voyait défiler sur le visage de Draco, c'était les siennes. Ni plus, ni moi. A tel point qu'elles trouvèrent une résonance douloureuse chez la jeune sorcière. L'envie de le prendre dans ses bras qui la saisit soudainement n'avait plus rien de la simple affection ou du désir qu'elle aurait pu y mettre dans une autre vie, ni de l'espoir qu'il la sauve d'une mort atroce. C'était différent. Une chose à laquelle on ne renonçait pas sans une bonne raison. Une vraie. Malheureusement - c'est du moins ce qu'elle pensait pour l'instant - ce qu'elle visait était une cause qui en valait la peine. Mille fois. La liberté, ni plus, ni moins. De vivre dans un monde qui n'est pas ligoté par ses traditions et sa peur de l'autre. Un monde qui ne se cache pas et qui ouvre ses portes au changement. Son monde. Son objectif bien en vu, la jeune sorcière resta aussi stoïque que possible malgré que ça lui en coute. Le temps de détourner le regard, du moins. - Dans ce cas, regarde bien. Parce que je ferais du mieux possible. Pour nous et nos proches. Pour ceux qu'on aime. Tu verras qu'il n'y a rien que je ne puisse faire.
Voila qui sonnait un peu enfantin à ses oreilles, un ridicule filet de voix ayant parvenu à franchir sa gorge. Blessée dans sa fierté de ne pouvoir se montrer sous un meilleur jour, Artémis se redressa, appuyée dignement sur une cane de résolution qui la rendit tout juste un peu plus batailleuse que d'habitude. Ne manquaient que ses boucles détachées pour parfaire le tableau. Une vraie filles des rues prête à en découdre. Avec les poings s'il le fallait. Pourquoi se sentait-elle toujours aussi ridicule quand elle parlait de ses projets à Draco? C'était ridicule! Même face à de hauts dignitaires du gouvernement en place, elle éprouvait moins d'appréhension à formuler des propos subversifs.
Plus calme, plus assurée, à ce souvenir rassurant, plus sérieuse que jamais, aussi.
Tu sais ce que je pense du Seigneur des Ténèbres. Nous avons suffisamment discuter de nos points de vu respectifs et de leurs divergences pour savoir qu'il n'y avait pas moyen de s'entendre sur nos modes de vie. Mais, si j'arrivais à te convaincre qu'il n'est pas le chemin à suivre... M'aiderais-tu?
A sa question, Draco ne put que répondre par la négative. Il ferma les yeux et fit non de la tête. Il semblait avoir prit dix ans en à peine quelques minutes. Aussi bien physiquement que dans sa tête. Trop de choses y étaient chamboulées et beaucoup n'étaient encore que des bribes, le reste appartenait au passé. Le jeune homme avait l'impression de ne plus avoir de présent. Mais sa réponse, il en était sûre.
"- Et moi arriverais-je à te convaincre? Ni l'un ni l'autre n'avons réussit avant, ce n'est pas maintenant que cela changera. Même si tu es venue interférer à un moment dans la vie que j'ai choisi. Mais, je l'ai choisi. Même si ne l'accepte pas. Ce que je dois accepter tu dois le faire aussi. Si je ne dois pu me soucier de toi, tu ne dois plus te soucier de moi. Ce qui vaut pour l'un vaut pour l'autre. Tout n'ira pas toujours en ton sens." Draco ne remettait pas en cause ce fait. La jeune femme devait, tout comme lui, en prendre conscience. Peut être l'avait-elle fait et cette question était le dernier appel? Ou bien le souvenir de leurs disputes stériles de collégiens paraissaient au final un moment délectables?
Pour une fois, il avait raison, tellement qu'elle le détestait pour ça. La mâchoire crispée, les poings aussi, Artémis prit le temps de retrouver son souffle avant de répondre. Si elle avait prévu de le traiter d'abruti, ou n'importe quel nom d'oiseau lui allant à merveille, finalement, c'est sa crainte pour lui qui prit le dessus.
- Je...
Parler, mais pour dire quoi exactement? Incapable de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, Artémis s'interrompit, comme en apnée.
- tu...
Non, ce n'était pas un meilleur début. Il menait au même aveux: elle avait peur. Mélange de rage et de frustration, Artémis se laissa aller à des gestes emprunts de nervosité parfaitement inhabituels. A la limite de s'arracher les cheveux et refusant encore l'inévitable, elle se dirigeait doucement vers le point de rupture.
Draco sourit. Amerement certes. Mais surement pour la première fois Artémis ne trouvait rien à redire. Et curieusement Draco aurait aimé. Aimer avoir tort, aimer sentir que leurs vies ne s'échappaient pas sous leurs doigtd sans pouvoir agir. Mais ce sourire s'effaça rapidement pour laisser place à un sentiment de vide.
En effet, il n'y a rien à ajouter. Nous le savions dès le départ. Lutter était illusoire... croire au contraire aussi. Nous sommes trop fiers pour ça.
Un instant, Artémis se sut capable de frapper Draco pour ce qu'il venait de dire. Un coup de poing en pleine mâchoire. Elle se vit d'ailleurs le faire, pour de vrai et avec une violence insoupçonnée jusque là. Ce qui la retint de passer à l'action? Elle savait que ça ne lui servirait à rien. Immobile, pour mieux juguler ses émotions, elle demeura tournée de trois quart par rapport à Draco le temps de trouver quoi dire.
- Pour une fois, tais-toi.
Pour cette fois, elle n'avait pas pu s'empêcher de laisser filtrer un peu de violence dans le ton de sa voix. Rapidement, elle se reprit, mais ce qu'elle ne put retenir, c'est l'élan qui la poussa vers Draco pour la seconde fois. Toujours dans la retenue, elle saisit sa main avec ferveur. La peine se disputait avec la colère et commençait à remporter la partie.
- Il y a des choses qu'il ne vaut mieux pas dire.
Par contre, elle comptait bien s'exprimer, en broyant la main de Draco à ce qu'il semblait.
- J'ai été idiote de croire que j'en serais capable. Jamais je n'arrêterai de m'inquiéter pour toi. Mais faisons tout ce que nous pouvons pour pouvoir nous retrouver un jour, veux-tu?
En d'autres mots, c'était un au revoir qu'elle proposait là. Et ce qu'il fallait de réconfort et d'affection pour tenir au moins jusqu'au soir. L'assurance qu'ils se quittaient pour longtemps, mais qu'ils se retrouveraient une fois que tout cela serait fini. Bien sur, il ne fallait pas attendre d'Artémis qu'elle soit capable de le dire dans le clame et la douceur. Ce n'était pas le style de la demoiselle.
de toute façon je n'ai jamais réussi à me débarrasser de toi. tenta d'ironiser Draco.
Il se rapprocha d'elle et lui prit la main en symbole de promesse. Il ne pouvait faire mieux en cet instant. Car il savait bien qu'au vue de la voie empruntée par son amie, leur prochaine rencontre serait plus rude et houleuse et que le temps de l'inquiétude serait révolue.
Mais il y aura toujours un mur, car pour que cela se fasse, l'un ou l'autre verra ses illusions au fond d'un trou.
Pour sur, ce serait les deux, à ce qu'en disait son rictus plein d'amertume. Après, tout était dit. Ne restait que cette main dans la sienne et l'envie de la garder là. Le temps de la porter à ses lèvres et de la baiser doucement, et sa décision était consommée. Artémis était partie.
Draco aurait eu envie de lui dire que quoiqu'elle en pense, la jeune femme lui manquerait. Il voulait la prendre dans ses bras, une fois. Juste pour sentir encore une fois la présence de la jeune femme. Car malgré leurs prise de bec, elle avait toujours été là, même dans la négative. Qu'importe, il avait toujours pu compter sur elle et c'est là, à ce moment de non retour qu'il le comprenait enfin. Tendu comme un arc, Draco d'une main sèche et un peu brusque rattrapa celle de la jeune fille. Juste un dernier contact, avant de rendre les choses concrètes. Les yeux dans le vague, fixant un point fixe.